20080918

en "tournée" au québec!

je quitte ottawa pour quelques jours d'aventures musicales au québec: premièrement, ce soir et demain je participe (en tant qu'auditeur ainsi qu'en tant que compositeur) à l'événement l'art des bruits, organisé par érick d'orion, alias le george best de l'art audio, et tout ça se déroule à la salle multi du complexe méduse à québec; ensuite, samedi soir je présente "the plundercouncillor" (une performance djspooky-esque d'art audio canadien de plusieurs époques!) à l'abraham-martin dès 22:30 dans le cadre du cabaret audio du mois multi; finalement, lundi je suis au café chaos à montréal dès 20:00 pour l'off festival international de littérature et j'y accompagne les poètes avec ma panoplie de sons bizarres.

UPDATE! j'ai malheureusement annulé ma participation à l'off-fil pour cause de très méchante grippe mais les concerts à québec se sont très bien déroulés. des clips suivront très bientôt!

20080909

la réponse à la question...

le devoir se demande aujourd'hui: "le canada serait-il en train d'entrer dans une autre grande noirceur?"

la réponse est oui.

UPDATE: la réponse est encore oui.

20080907

retour sur les deux conventions

oui monsieur, j'ai écouté les 4 jours de convention démocrate et les 3 jours de convention républicaine (comme j'ai écrit vendredi sur l'aggloméré cosmique: [pour les républicains] "le premier jour était consacré à gustav, leur candidat le plus convaincant jusqu'à maintenant"). à tel point que je n'avais plus du tout le désir d'en penser quoique ce soit.

c'est le columnist frank rich dans le new york times d'hier qui m'a sorti de ma stupeur post-palin. sous le titre palin and mccain’s shotgun marriage, rich articule clairement comment, quoiqu'en étant une brillante stratégie politique, cette décision de mccain est dangereusement révélatrice:

[...] the entire thing was a sham [...] he wanted to choose the pro-abortion-rights joe lieberman as his vice president. if he were still a true maverick, he would have done so.

the “no surrender” warrior surrendered to the agents of intolerance not just by dumping his pal for palin but by moving so far to the right on abortion that even cindy mccain seemed unaware of his radical shift [...] that ideological sellout, unfortunately, was not the worst leadership trait the last-minute vice presidential pick revealed about mccain. his speed-dating of palin reaffirmed a more dangerous personality tic that has dogged his entire career. his decision-making process is impetuous and, in its bush-like preference for gut instinct over facts, potentially reckless.

suite aux discours de fred thompson ("terrorists, rogue nations developing nuclear weapons, an increasingly belligerent russia [...] to deal with these challenges the democrats present a history making nominee for president. history making in that he is the most liberal, most inexperienced nominee to ever run for president"), mitt romney ("we need change all right - change from a liberal washington to a conservative washington! we have a prescription for every american who wants change in washington - throw out the big government liberals and elect john mccain") et rudy giuliani ("our opponents want to reframe the debate. they would have you believe that this election is about 'change versus more of the same.' but that's really a false choice. because "change" is not a destination ... just as "hope" is not a strategy"), il ne faisait aucun doute que la plateforme républicaine pour 2008 n'est rien d'autre qu'une dangereuse obstination à poursuivre des politiques gratuitement dogmatiques et inappliquables.

ce tableau du new tork times, comparant les mots utilisés dans les discours des deux conventions, est éloquent à ce titre:



de la convention démocrate, j'ai retenu qu'encore aujourd'hui, s'ils maîtrisent bien ce que peggy noonan appelle "this political bullshit about narratives", la manipulation efficace de talking points préparés pour les réseaux médiatiques américains reste leur point le plus faible. autrement, comment ne pas avoir préparé une riposte efficace à la nomination de palin?

parce que voyez-vous, même the economist en est capable (l'emphase est mienne):

the moose in the room, of course, is her lack of experience [...] mrs palin, who has been the governor of a state with a population of 670,000 for less than two years, is the most inexperienced candidate for a mainstream party in modern history.

inexperienced and bush-level incurious. she has no record of interest in foreign policy, let alone expertise. [...] this not only blunts mr mccain’s most powerful criticism of mr obama. it also raises serious questions about the way he makes decisions.

mes moments favoris de la convention démocrate n'ont malheureusement pas été télédiffusés en prime-time, notons quand même le discours de la petite-fille du président (républicain) dwight eisenhower, susan eisenhower ("too many people in power have failed us. belligerence has been a substitute for strength; stubbornness for leadership; and impulsive action has replaced measured and thoughtful response"); le candidat défait de 2004 john kerry ("president obama and vice president biden will shut down guantanamo, respect the constitution, and make clear once and for all, the united states of america does not torture, not now, not ever"); sans oublier le gouverneur du montana, brian schweitzer ("like senator obama, my family has roots in the great plains. my grandparents were immigrants who came to montana with nothing more than the clothes on their back, high hopes and faith in god. my family didn’t have much in our little house. but a few things stand out in my memory: a crucifix and, on our kitchen wall, a framed picture of president kennedy [...] can we afford four more years? is it time for a change? when do we need it? and who do we need as the next president of the united states of america? that’s right. barack obama is the change we need!").

il reste moins d'une soixantaine de déprimants jours à cette élection américaine et on apprends ce matin qu'il faudra en plus souffrir celle que vient de déclancher notre premier ministre... palin/harper, probablement le ticket de la future zléa!

20080320

brèves notes sur un discours politique...

barack obama a livré le meilleur discours politique que j'ai entendu de ma vie active et probablement aussi de ces quarante dernières années. aussi éloquent et pragmatique que celui de kennedy sur sa foi catholique (que j'ai cité précédemment sur ce blogue):

je n'ai malheureusement pas eu le temps de revenir en détail sur les événements qui ont conduit à ce discours, mais je voulais porter à votre attention le commentaire de roger cohen, paru dans le new york times d'aujourd'hui (beyond america's original sin), dans lequel il trace un émouvant parrallèle entre son expérience de la ségrégation raciale en afrique du sud et la situation actuelle du débat racial aux états-unis:

"a racial divide, once lived, dwells in the deepest parts of the psyche. this is what was captured by barack obama's pitch-perfect speech on race. slavery was indeed america's 'original sin.' of course, 'the brutal legacy of slavery and jim crow' lives on in forms of african-american humiliation and anger that smolder in ways incommunicable to whites."

"[...] it takes bravery, and perhaps an unusual black-white vantage point, to navigate these places where hurt is profound, incomprehension the rule, just as it takes courage to say, as obama did, that black 'anger is real; it is powerful; and to simply wish it away, to condemn it without understanding its roots, only serves to widen the chasm of misunderstanding that exists between the races.'"

"progress, since the civil rights movement, or since apartheid, has assuaged the wounds of race but not closed them. to carry my part of shame is also to carry a clue to the vortexes of rancor for which obama has uncovered words."

une autre excellente lecture sur le sujet est un billet de frank schaeffer, obama's minister committed "treason" but when my father said the same thing he was a republican hero, dans lequel il souligne ce qu'aucun média commercial ne veut prendre le risque de mentionner: c'est à dire que les paroles "incendiaires" du pasteur jeremiah wright ne sont pas différentes de celles de son père, qui fut pasteur évangélicaliste:

"when senator obama's preacher thundered about racism and injustice obama suffered smear-by-association. but when my late father -- religious right leader francis schaeffer -- denounced america and even called for the violent overthrow of the us government, he was invited to lunch with presidents ford, reagan and bush, sr."

"every sunday thousands of right wing white preachers (following in my father's footsteps) rail against america's sins from tens of thousands of pulpits. they tell us that america is complicit in the 'murder of the unborn,' has become 'sodom' by coddling gays, and that our public schools are sinful places full of evolutionists and sex educators hell-bent on corrupting children."

"[...] dad became a hero to the evangelical community and a leading political instigator. [...] not one republican leader was ever asked to denounce my dad or distanced himself from dad's statements."

s'il remporte l'investiture démocrate, obama fera face à un barrage constant d'hypocrisie et d'outrage feint. le "scandale" jeremiah wright n'est qu'une première salve...

20080313

la course s'envenime...

l'establishment démocrate n'avait aucun problème avec le vote afro-américain quand il se ralliait en masse derrière les candidatures de bill clinton et john kerry. cependant, maintenant qu'une très grande majorité de ces électeurs appuient le sénateur barack obama, tout n'est plus aussi... rose!

après plusieurs attaques ambiguës, le camp clinton se retrouve au coeur du débat racial au états-unis depuis qu'un membre de son comité de financement, geraldine ferraro -- candidate démocrate à la vice-présidence lors de la campagne de walter mondale contre reagan en 1984 -- a déclaré qu'obama était "chanceux d'être noir":

"if obama was a white man, he would not be in this position. and if he was a woman (of any color) he would not be in this position. he happens to be very lucky to be who he is. and the country is caught up in the concept."

c'est un commentaire qui aurait pu passer très rapidement dans le cycle médiatique, sans grande conséquences, mais la course est très serrée et ferraro s'entête à se défendre de façon très agressive, déclarant:

"any time anybody does anything that in any way pulls this campaign down [...] you're accused of being racist, so you have to shut up. racism works in two different directions. i really think they're attacking me because i'm white. how's that?", et "if anybody is going to apologize, they should apologize to me for calling me a racist."

le hic, c'est que ce n'est pas la première fois que le camp clinton tente de couler la candidature d'obama avec des sous-entendus. je laisse le pétulant keith olbermann vous présenter ce moment assez désolant de la campagne à l'investiture démocrate:

20071229

américains, quelle théocratie préférez-vous?

avant de revenir sur la question du support public aux arts, je voulais absolument commenter les derniers développements de la campagne présidentielle américaine. républicains et démocrates sont présentement à l'aube de leurs premières courses à l'investiture et c'est habituellement la période où les candidats secondaires s'agitent pour un peu de publicité, avant d'être éventuellement écrasés par le poids de l'appui militaro-industriel (eisenhower) des candidats favoris (par exemple, john mccain et bill bradley, respectivement battus par george w bush et al gore en 2000).

mais cette fois-ci, toujours en guerre et face à un ralentissement économique exacerbé par le déficit fédéral et la crise du crédit, les électeurs américains des deux partis semblent sur le point de balancer leurs favoris de quelques mois à peine (rudy giuliani chez les républicains et, dans une moindre mesure, hillary clinton chez les démocrates) pour des outsiders.

il faut garder en tête, par contre, que giuliani et clinton sont toujours donnés favoris dans les sondages nationaux et que des victoires surprises pour un candidat lors des premières élections primaires (tous les états américains ne tiennent pas leurs primaires à la même période -- l'iowa et le new hampshire sont les premiers et bénéficient ainsi d'une couverture médiatique plus intense) ne garantissent pas nécessairement une victoire lors du super tuesday (le mardi du mois de mars où plus d'une dizaine d'états tiennent leur primaires en même temps).

pourtant, l'évolution des songages ces dernières semaines est particulièrement troublante. giuliani voit son statut de favori en danger et son passé financier et marital trouble ne l'aide pas chez cet électorat républicain dérouté (chez qui le statut totémique du 11 septembre 2001 s'érode). mccain semble avoir stoppé sa chute libre avec quelques appuis et remonte lentement dans les sondages, mais aucun de ses kowtows à rove et bush n'auront suffi à lui assurer l'investiture. en fait, il a clairement misé sur le mauvais cheval et si sa campagne d'aujourd'hui était à l'image de celle de 2000 (avec son straight-talk express, et les positions modérées qu'il tenait alors -- par exemple il avait créé l'émoi chez les républiains en affirmant publiquement qu'il laisserait sa fille choisir d'avoir un avortement ou non, avant d'avoir à se rétracter devant les haux-cris des ligues chrétiennes), il voguerait assurément en tête.

chez les démocrates, on a vu barack obama ratrapper progressivement (ha!) hillary clinton dans les sondages, après un été qui avait vu ses appuis plafonner malgré un certain engouement médiatique. cependant, son adoubement par oprah ne garanti pas qu'il peut surmonter l'emprise que les centro-corporatistes du democratic leadership council exercent sur le parti démocrate depuis la présidence de bill clinton.

pourtant, de tous les candidats des deux camps, hillary est celle qui récolte la plus grande proportion d'opinion défavorable au niveau national (48% des sondés ont une opinion défavorable, suivi de près par giuliani avec 41% -- à mettre en persepective avec les 57% d'appui favorable que récolte obama dans le même sondage!)

mais la question fondamentale qui se pose, celle qui teinte tout le climat politique, est religieuse. à un point tel que la population américaine qui ne professe aucune religion se dit, comme le mentionne le sociologue darren sherkat, "horrified by both the democratic and republican rhetoric surrounding religion -- that people who are not religious... are immoral, that they're not qualified to serve in public office" (non-believing us voters feel demonized, 19 décembre 2007). quoique, comme le souligne si bien frank rich dans le new york times, le mouvement oprah-obama n'est pas libre de références religieuses ("this movement has its own religious tone. references to faith abound in mr. obama's writings and speeches, as they do in oprah's language on her tv show and at his rallies. five years ago, christianity today, the evangelical journal founded by billy graham, approvingly described oprah as 'an icon of church-free spirituality'..." -latter-day republicans vs. the church of oprah, 16 décembre 2007), ce sont les candidatures des candidats républicains mitt romney et mike huckabee qui projettent cette tendance à l'avant-plan.

la controverse a véritablement pris forme avec la candidature du consultant d'entreprise, vedette du comité des jeux olympiques de salt lake city et ancien gouverneur du massachusetts, mitt romney. alors qu'il était gouverneur, romney tenait des positions plutôt modérées pour le parti républicain. il a instauré dans son état un régime public d'assurance santé dans un pays où un système à la canadienne est encore perçu comme étant une idée "communiste". aussi, contraint par la cour suprème de son état, il ne s'opposait pas aux unions civiles entre personnes du même sexe (quoi qu'il ait appuyé divers amendements protégeant la nature hétérosexuelle du mariage).

pourtant, pour une candidature à l'investiture présidentielle républicaine, ce n'était pas assez "politiquement correct". romney a alors opéré une transition vers les politiques héritées des dernières victoires politiques de son parti, voulant s'assurer de l'électorat évangélicaliste avec des prises de positions radicales et une emphase constante sur sa moralité et sa foi. et c'est là où le bât blesse, romney n'est pas qu'un simple chrétien issu d'une des multiples dénominations du christianisme protestant américain, mitt romney est un mormon. l'église de jésus-christ des saints des derniers jours, connue communément sous l'apellation de mormonisme, est, comme le jazz, une invention totalement américaine. pourtant, de par sa nature, elle a toujours été perçue comme une hérésie par la majorité chrétienne américaine et encore aujourd'hui ses fondements sont peu connus du grand public. résultat, malgré les dizaines de millions de sa fortune personnelle engloutis dans sa campagne, il n'a pu neutraliser chez la base extrémiste du parti républicain son image de manchurian candidate mormon.

romney est un personnage fascinant, scion d'une des plus vieilles familles du mormonisme, et je vous recommande deux portraits de sa campagne, l'un publié dans harper's, making mitt romney: how to fabricate a conservative et l'autre dans le new yorker, the mission, mitt romney's strategies for success. particulièrement intéressant est son passé de "management consultant and leveraged-buyout specialist" chez bain capital (firme qui, près de chez nous, a acheté la division de produits récréatifs bombardier et la chaîne de magasins dollarama!) et l'application de ces techniques d'entreprise à sa vie politique.

jouant le tout pour le tout sur la question de sa foi, romney a prononcé un discours important le 6 décembre, faith in america, par lequel il voulait dissiper, comme kennedy l'avait fait pour son catholicisme, les doutes entretenus par la population: "today, i wish to address a topic which i believe is fundamental to america's greatness: our religious liberty. i will also offer perspectives on how my own faith would inform my presidency, if i were elected.". mais par delà son message initial ("let me assure you that no authorities of my church, or of any other church for that matter, will ever exert influence on presidential decisions.") il révèle malgré lui à quel point les politiciens américains ont définitivement sapé les fondements constitutionnels de leur pays. car si ils préservent une facade de séparation entre la religion et l'état, aucun d'entre eux (républicains, démocrates ou libertariens) n'ont tenu à corriger l'énormité suivante: "freedom requires religion just as religion requires freedom. freedom opens the windows of the soul so that man can discover his most profound beliefs and commune with god. freedom and religion endure together, or perish alone.".

maintenant, comparez ce discours avec celui de john f kennedy, en 1960 (l'accentuation est mienne): "[...] because i am a catholic, and no catholic has ever been elected president [...] it is apparently necessary for me to state once again -- not what kind of church i believe in, for that should be important only to me -- but what kind of america i believe in. i believe in an america where the separation of church and state is absolute -- where no catholic prelate would tell the president (should he be catholic) how to act, and no protestant minister would tell his parishioners for whom to vote -- where no church or church school is granted any public funds or political preference -- and where no man is denied public office merely because his religion differs from the president who might appoint him or the people who might elect him. i believe in an america that is officially neither catholic, protestant nor jewish -- where no public official either requests or accepts instructions on public policy from the pope, the national council of churches or any other ecclesiastical source -- where no religious body seeks to impose its will directly or indirectly upon the general populace or the public acts of its officials -- and where religious liberty is so indivisible that an act against one church is treated as an act against all. [...] finally, i believe in an america where religious intolerance will someday end -- where all men and all churches are treated as equal -- where every man has the same right to attend or not attend the church of his choice [...]"

mais depuis les victoires électorales de reagan basées sur l'appui des activistes religieux, ce principe jeffersonien a été complètement écarté des stratégies politiques. comme le mentionne jeff sharlet dans through a glass, darkly: how the christian right is reimagining u.s. history (harper's magazine, décembre 2006): "the new christ [a warrior who hates the carnage he must cause, a man-god ordinary men will follow], fifty years ago no more than a corollary to american power, twenty-five years ago at its vanguard, is now at the very center. his followers are not anxiously awaiting his return at the rapture; he's here right now. they're not envious of the middle class; they are the middle class. they're not looking for a hero to lead them; they're building biblical households, every man endowed with 'headship' over his own family." ce sont ces électeurs qui maintenant commandent les faveurs des politiciens américains et, déçus des choix offerts en cette période électorale, certains se sont tournés vers la candidature du pasteur mike huckabee.

pasteur baptiste et ancien gouverneur de l'arkansas, mike huckabee est le candidat logique d'un parti qui a littéralement fait de george w bush un sauveur de la foi en amérique. cependant, pour l'establishment républicain plus soucieux de mainmise économique que de rédemption, il menace l'équilibre d'un électorat évangélicaliste appelé aux urnes sur demande mais discret politiquement le reste du temps. dans the huckabee revolution: evangelicals at the GOP gate, thomas b edsall du huffington post écrit: "mike huckabee's insurrectionist presidential campaign is defying the determination of the republican establishment to restrict the selection of the party's nominee to pre-approved candidates. [...] huckabee not only lacks endorsements from republican party principals, but also from the most prominent leaders of the traditional christian and social issues sector of the party. [...] most importantly, endorsements notwithstanding, christian evangelicals, who make up roughly 40 percent of the republican electorate, are hungry for an alternative to romney, thompson, mccain, and giuliani."

même le commentateur politique de droite robert novak (celui de l'affaire valerie plame) lance dans le washington post: "huckabee is campaigning as a conservative, but serious republicans know that he is a high-tax, protectionist advocate of big government and a strong hand in the oval office directing the lives of americans. [...] the rise of evangelical christians as the force that blasted the gop out of minority status during the past generation always contained an inherent danger: what if these new republican acolytes supported not merely a conventional conservative but one of their own?" (the false conservative, 26 novembre 2007).

rich lowry, de la national review, explique très bien pourquoi une candidature évangélicaliste comme celle de mike huckabee représente un danger pour le parti républicain : "[...] his vulnerabilities in a general election are so screamingly obvious that it's hard to believe that primary voters, once they focus seriously on their choice, will nominate him. [...] the gop's social conservatism inarguably has been an enormous benefit to the party throughout the past 30 years, winning over conservative democrats and lower-income voters who otherwise might not find the republican limited-government message appealing. that said, nominating a southern baptist pastor running on his religiosity would be rather overdoing it. social conservatism has to be part of the republican message, but it can't be the message in its entirety." (huckacide, 14 décembre 2007)

en effet, le danger huckabee est qu'il avance à visage découvert sur les questions sociales sensibles, loin des allusions codées que favorisait le conseiller politique de george w bush, karl rove. fortement appuyé par le défunt pasteur jerry falwell pour ses positions fermes sur la place de la religion au gouvernement, huckabee ne répugne pas à afficher ses positions fondamentalistes, parfois incompréhensibles: "early in his time in office he refused to sign off on disaster relief legislation that would have prevented insurance companies from weaseling out of their claims, because catastrophic weather events were referred to as 'acts of god.' it wasn't the prerogative of lawmakers, huckabee claimed, to 'issue some kind of comment for the few who died and blame [god] for that and let that be the only time at which we offer his name in some kind of public setting.' [...] in 1998 he signed a statement urging wives to 'graciously submit to their husband's sacrificial leadership.' [...] while in office, he pushed a strong anti-abortion agenda, [...] hired church groups to run welfare and youth programs [and] when the arkansas' divorce rate skyrocketed, huckabee turned to his baptist roots, instituting 'covenant marriages,' which encouraged training on healthy relationships and made it harder for people to divorce." (falwell's hero: how huckabee has championed the christian right, 13 décembre 2007).

de plus, il affirmait en 1992 vouloir isoler les sidatiques en quarantaine et s'opposait au financement de la recherche d'une cure: "mike huckabee once advocated isolating aids patients from the general public [...] besides a quarantine, huckabee suggested that hollywood celebrities fund aids research from their own pockets." (associated press, 9 décembre 2007). sans oublier qu'il est, contrairement au crédo républicain, intervenu directement dans la remise en liberté d'un meurtrier et violeur en série, simplement parce qu'une de ses victimes était une lointaine cousine de bill clinton! (documents expose huckabee's role in serial rapist's release, 4 décembre 2007).

devant un tel champs politique, des candidatures habituellement très marginales -- comme celle du libertarien ron paul (qui fait du retour de l'étalon-or l'un des pilliers de sa campagne) ou celle, probablement indépendante (ni républicaine ou démocrate), de l'actuel maire de new-york michael bloomberg -- deviennent soudainement des choix possibles pour les électeurs sans véritables allégences partisanes et plutôt fidèles au "vivre et laisser vivre" du rêve capitaliste américain.